Historique

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L’Association pour le Développement des Œuvres Sociales de la Marine (Entraide Marine-Adosm) a été créée en 1939, à l’initiative de l’Amiral GRANDCLEMENT, premier président, avec le soutien actif de Madame CAMPINCHI, épouse du ministre de la Marine, 4 jours avant la catastrophe du sous-marin PHENIX, le 15 juin 1939, en baie de Cam Ranh, disparu avec 71 membres d’équipage.
Cette disparition a bouleversé l’opinion publique française et provoqué un élan de solidarité. Des dons nombreux et importants furent adressés au ministre de la Marine. L’Entraide Marine-Adosm, nouvellement créée, fût ainsi chargée de répartir ces dons entre les familles durement touchées.

Le siège de l’Entraide Marine-Adosm s’installe à Paris et des délégations se créent progressivement à Brest, Cherbourg, Toulon, Alger, Lorient, Indret, Marseille, Nice, Bizerte, Oran, Casablanca, Dakar, Le Havre, Bordeaux et Strasbourg. En l’absence de Sécurité Sociale, un service social est décidé, composé d’assistantes sociales, rapidement renforcé par un service juridique, un ouvroir, un vestiaire, des centres pour colonies de vacances,…

Pendant la guerre, les activités de l’Entraide Marine-Adosm se développent considérablement et s’adressent à tous les marins quels que soient leur statut (guerre, pêche ou commerce). Association privée, elle garde cependant des relations étroites avec le Service Central des Œuvres de la Marine (SCOM), créé en 1941, et le Secours National.

Pour accueillir les familles, elle acquiert plusieurs propriétés à Vimines, La Roche Guyon, les Châteaux d’O, de la Bauche (Savoie) et de Saint Germain en Marencennes (Charente Maritime)…
Reconnue d’utilité publique (décret du 28 septembre 1942), elle soutient alors plus de 12.000 familles. L’association développe l’assistance aux familles avec l’habitat familial (Cité maritime, Cités de l’Entraide Marine-Adosm, Demeures familiales du marin dans son village…) et l’organisation de colonies de vacances pour 4.500 enfants. Cette Å“uvre considérable sera réalisée par l’amiral de PONTEVES, président de l’association, et Madame DEVIN, épouse de l’amiral DEVIN, secrétaire générale. L’Entraide Marine-Adosm s’occupe activement de suivre les marins prisonniers et leurs familles.

En 1945, l’association soutient 21.480 familles. Pour compenser la diminution des aides, elle organise sa première vente de charité qui rapporte 2,5 millions de Francs. En 1946, Madame de PIMODAN arrive à l’Entraide Marine-Adosm pour s’occuper de l’organisation des ventes. Elle succède à Madame DEVIN, comme secrétaire générale, en 1948. La création de la Sécurité Sociale, en 1947, puis de l’Action Sociale des Forces Armées, conduit l’Entraide Marine-Adosm à réduire son format et transférer un certain nombre d’activités et de résidences. L’amiral LE BIGOT succède à l’amiral de PONTEVES comme président, en 1949.

En 1951, l’attaché naval des Etats-Unis et son épouse participent à la vente. Ils sont progressivement suivis par les attachés navals de Grande-Bretagne, d’Allemagne, d’Italie et d’Espagne. Pour recueillir des fonds, l’association organise des soirées de gala et bénéficie de dons provenant de spectacles généreusement joués à son profit, comme l’opérette « Chevalier du Ciel » avec Luis Mariano, Claudine Cereda, Lucie Donele et Francis Blanche.

En 1959, à son décès, le CV Charles MILLOT, alias GERVESE, peintre de la Marine, fait don de ses droits d’auteur à l’Entraide Marine-Adosm, ce dont elle bénéficie encore aujourd’hui. En 1969, un autre peintre de la Marine, André NIVARD, lègue une partie de ses tableaux à l’Entraide Marine-Adosm que l’association recevra qu’en 1976. La vente du Château d’O, en 1972, permet de renflouer les finances de l’Entraide Marine-Adosm et d’investir dans quelques chambres de maison de retraite.

L’amiral SALA, président depuis 1959, décède en 1973. Il est remplacé par l’amiral TRAUB. En 1980, Madame de PIMODAN cède sa place de secrétaire générale à Madame de TRUCHIS, après 32 années d’un dévouement ininterrompu à l’association. Les cessions immobilières se poursuivent pour permettre à l’association de poursuivre sa mission.

L’amiral de CASTELBAJAC succède à l’amiral TRAUB en 1984. Il décède prématurément en 1987 et l’amiral LEJEUNE le remplace. La vente de l’Entraide Marine-Adosm se déplace alors de la rue Royale au Musée de la Marine. La même année, Madame de TRUCHIS quitte ses fonctions de secrétaire générale qui sont reprises par Madame VALLEE.

Aujourd’hui, l’Entraide Marine-Adosm a recentré son action sur l’attribution de bourses scolaires qui représente la partie la plus importante de son budget.

 

 

Envie d’en savoir plus sur le fondateur et le premier président de l’Entraide Marine ? 

Le Vice-Amiral Gaston Raoul Marie Grandclément (Brest, 8 octobre 1866 – Paris, 3novembre 1942), est un officier de marine français. Il est le fils de Louis Stephen Grandclément (1837-1910), saint-cyrien, chef de bataillon d’infanterie de marine, officier de la Légion d’honneur, et Marie La Prairie (elle-même fille et sÅ“ur d’officiers), et le frère d’André Granclément (1864-1949), saint-cyrien, intendant général de 1ère classe[1], grand officier de la Légion d’honneur.Gaston Grandclément entre à l’École navale en octobre 1883 et en sort aspirant de 1ère classe en octobre 1886.

Il fait sa première campagne sur le Primauguet en Extrême-Orient et prend part aux opérations du Tonkin (1886-1888). Enseigne de vaisseau (octobre 1888), il sert en Méditerranée sur le cuirassé Hoche (1890) puis passe sur l’aviso Albatros à la station du Congo en 1891 et se fait remarquer lors du naufrage du navire.Officier de tir sur l’aviso Scorff à la division du Pacifique (1893), il est promu lieutenant de vaisseau en février 1895 et embarque sur le croiseur Davout en escadre de Méditerranée.Élève de l’École des torpilles à Toulon sur l’ Algésiras (1896), il est breveté torpilleur et commande en 1897 le torpilleur no 74 à Rochefort ainsi que les torpilleurs numérotés en essais.Nommé officier torpilleur sur le croiseur Pascal à la division d’Extrême-Orient, il prend part en 1899 aux événements de Kouang-Tchéou-Wan (golfe du Tonkin) puis à la campagne des Boxers (1900-1901). Il est élève de l’École supérieure de marine en1902 dont il est breveté et commande le contre-torpilleur Carabine à Rochefort (avril1903) dont il supervise l’armement et les essais. Aide de camp de l’amiral Touchard sur le Suffren (1906), il se distingue par son courage et son dévouement lors de l’explosion du cuirassé Iéna à Toulon (12 mars 1907) et est alors inscrit d’office au tableau d’avancement. Second de l’aviso-torpilleur Couleuvrine dans l’Atlantique (1908), capitaine de frégate(janvier 1909), il est nommé chef d’état-major de l’amiral Auvert sur la Marseillaise à la 2e division de l’escadre du Nord. Chef de la 2e section de l’état-major à Rochefort(1911), il commande en 1912 le croiseur Cosmao à la division navale du Maroc.

Au début de la Première Guerre mondiale, il est muté au régiment de canonniersmarins sur le front terrestre et sert au camp retranché de Paris avant de passer augroupe des batteries de la défense de Verdun où il est cité à l’ordre de l’armée (janvier1915). Promu capitaine de vaisseau en avril 1915, il se fait brillamment remarquer au début de la bataille de Verdun et est blessé le 29 février 1916, ce qui lui apporte une nouvelle citation. Envoyé au commandement du croiseur cuirassé Edgar-Quinet en armée navale de Méditerranée (1916), il commande en 1918 la marine à Dunkerque et est un deséléments majeurs des derniers combats en zone Nord.

En décembre 1918, il est attaché au président de la République Raymond Poincaré.Promu contre-amiral en juin 1919, sous-chef d’état-major général (août), il devient chef de cabinet du ministre en 1920 puis commande en mai 1921 la division navale de Syrie.En août 1923, il est nommé préfet maritime de l’arrondissement algéro-tunisien puis commande la marine en Algérie (septembre 1924) et devient vice-amiral et préfet maritime de Bizerte en mai 1925. Il prend sa retraite en octobre 1928.

Récompenses et distinctions : Chevalier (17 juillet 1900), Officier (10 janvier 1913), Commandeur (30 mars1916), Grand Officier (1er septembre 1920) puis Grand Croix de la Légion d’Honneur (14 janvier 1928, les insignes lui étant remis le 25 mars 1928 à Bizerte par Louis Franchet d’Espèrey, maréchal de France)